Bienvenue sur le site du Club de Karaté Wado Ryu à Nice - Le Dojo principal se trouve au Gymnase de l'école de la Lanterne (10, Av. Gattamua - NICE)
Le 23 janvier 2012, je suis revenu d'un hivernage d'un an à la base Concordia, en Antarctique. C'était ma sixième mission là- bas et mon second séjour de plus de 12 mois.
Je suis enseignant-chercheur en astrophysique à l'Université de Nice-Sophia Antipolis. Depuis une dizaine d'année, je m'intéresse au potentiel qu'offre l'Antarctique pour l'observation du ciel. La nouvelle base franco-italienne Concordia, ouverte depuis 2005, est située au coeur du continent à plus de 1000 kilomètres des côtes et à 3300 mètres d'altitude. Les températures peuvent descendre en dessous de -80°C pendant l'hiver polaire. Aucune vie animale ou végétale n'est présente là-bas, c'est un désert de glace.
En 2011, nous étions une équipe de 14 hivernants, confinés dans les deux bâtiments de la base et coupés du monde. 7 scientifiques encadrés par une logistique de 7 personnes, dont un médecin. La base est équipée d'un hôpital et d'un stock de médicaments : aucun avion ou autre moyen de transport ne peut venir nous chercher entre Février et Novembre.
Ce lieu et ces conditions extrêmes ont été mon quotidien durant toute l'année. Je me suis occupé d'un ensemble d'expériences et de télescopes, observant le ciel 24h/24 pendant la nuit polaire. Nous disposions pour cela d'un laboratoire confortable à l'intérieur de la base, depuis lequel nous pilotions les instruments, situés à 300 mètres de là. Et chaque jour, nous sortions pendant environ une heure pour faire une visite aux installations, dégivrer les optiques, vérifier les câbles et les connecteurs et intervenir en cas de panne. Pour ces sorties, il fallait s'habiller chaudement et faire attention à ce qu'aucune surface de peau ne soit apparente. Les vêtements de protection étaient fournis par l'Institut Polaire (IPEV) et permettaient de rester plus d'une heure dehors à -80°C.
Côté loisirs, la base est équipée d'une bibliothèque, d'une vidéothèque et d'une salle de sport. Cette salle de sport était très fréquentée. J'y allais presque tous les jours, faire de la course ou du vélo et un peu de musculation et d'étirements. Assez peu de Karaté finalement, même s'il m'arrivait de temps à autres de faire des séries de geri ou de tsuki.
Chaque année depuis 2005, une équipe hivernante séjourne ainsi un an dans la base Concordia, assurant une présence permanente.
Quand à moi, j'ai maintenant du pain sur la planche avec le dépouillement de la moisson de données récoltées. Une façon de continuer l'aventure, bien au chaud dans nos bureaux à Nice.
Côté Karaté, j'ai repris l'entrainement environ deux semaines après le retour. Et le Karaté, c'est comme le ski ou le vélo : ça ne s'oublie pas. A part peut-être certains passages de Kata, mais le corps se souvient des sensations d'un junzuki ou d'un mae geri. On éprouve une sensation plutôt agréable, comme si on chaussait... une paire de charentaises confortables. Après le retour de mon premier hivernage en 2007 et 2008, j'avais passé succesivement mon 1e kyu et ma ceinture noire. Est-ce que je passerai mon 2° Dan dans la foulée du 2e hivernage ? L'avenir le dira...
D'autres photos sont disponibles dans l'album photos souvenirs.